Monsieur le premier ministre, il faut tenir tête au Président Trump dans le dossier du lait

20 Septembre 2018
Mots clés connexes : ALENA, gestion de l'offre
Catégorie :
Politique agricole

Au nom des milliers de producteurs de lait qui œuvrent dans toutes les provinces et des quelque 221 000 Canadiennes et Canadiens qui travaillent à l’heure actuelle dans le secteur laitier du pays, nous vous écrivons, Monsieur le Premier Ministre, pour vous dire que nous ne pouvons pas être une simple monnaie d’échange utilisée pour satisfaire le président Trump.

Nous avons déjà vécu cette situation, Monsieur le Premier Ministre. Après l’accord avec l’Union européenne et celui avec les partenaires de la région transpacifique qui ont sacrifié, au profit d’autres pays, l’équivalent d’un quart de milliard de dollars annuellement en production laitière canadienne, cette nouvelle ronde de négociations menace à nouveau d’affaiblir notre secteur et n’assure pratiquement aucun avantage pour les consommateurs canadiens.

Et qu’obtient le Canada en retour?

En fait, chaque fois que vous faites une concession à la table de négociation, vous retirez des produits laitiers canadiens des tablettes de nos épiceries — des produits faits de lait canadien de grande qualité sans hormones de croissance artificielles. Vous remplacez des produits locaux par des produits importés de marchés dont les normes sont inférieures aux nôtres.

Nous savons que la gestion de l’offre peut être un concept ambigu pour certains. C’est pourtant très simple : il s’agit d’adapter l’offre à la demande. Et comme vous l’avez souvent répété, Monsieur le Premier Ministre, la gestion de l’offre fonctionne. Elle assure une stabilité de prix à des milliers de fermes familiales établies partout au Canada, et elle permet d’éviter, d’une part, le gaspillage causé par la surproduction et, d’autre part, les programmes de subventions hautement instables financés par l’argent des contribuables dont le système des États-Unis a besoin année après année pour maintenir la tête hors de l’eau. Comme vous le savez, beaucoup de producteurs américains croient qu’un système de gestion de l’offre similaire à celui du Canada serait plus adéquat pour contrôler la surproduction qui leur est si nuisible et réduire la nécessité de continuellement se débarrasser de leurs surplus de produits laitiers dans d’autres marchés comme le nôtre.

Nous craignons que l’administration américaine actuelle ne représente pas nécessairement les intérêts à long terme des parties actuellement à la table de l’ALENA, y compris ceux de ses propres producteurs agricoles. Nous vous encourageons à garder une vision à long terme lors de ces négociations.

Monsieur le Premier Ministre, ce n’est pas le temps de céder aux tactiques d’intimidation, mais c’est le temps de demeurer ferme dans la défense des valeurs canadiennes.

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